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Lignorelles

Historique de Lignorelles

Tiré de la brochure de Monsieur Robert FEVRE, Pilier Chablisien,
brochure éditée à l'occasion de la XXIè Saint Vincent.

BLASON ET HISTORIQUE

Autrefois fief dépendant de la seigneurie suzeraine de Maligny, le village de Lignorelles n'avait pas de blason particulier. Il fallut en emprunter un, tiré de ceux des familles seigneuriales successives de Maligny. Afin de représenter cette commune vinicole, parmi les autres du Chablisien, ce fut d'un caractère symbolique, qu'on adopta en 1968, celui de la famille d'Aguesseau de Fresnes, qui s'illustra sur deux générations, de 1746 à 1790. De nos jours, ce blason armorial, offrant seulement une valeur historique, fut officialisé, et en voici la définition : D'azur à 2 fasces d'or, accompagné de 6 coquilles de Saint Jacques d'argent, 3, 2 et 1.

La particularité du village de Lignorelles, de près de deux cent habitants, est d'être situé au sommet d'un coteau où, à l'altitude de 240 mètres, de beaux panoramas se dessinent sur les alentours, principalement sur la vallée du Serein. En 1858, il existait 40 puits dont 2 communaux de 5 à 10 mètres de profondeur, tarissant rarement, avec trois petites fontaines et deux lavoirs publics. En été, par pénurie d'eau, les habitants s'approvisionnaient à la fontaine Martine, située au bas du coteau et de Villy. Au retour à pied, quelques uns s'arrêtaient pour se reposer vers la croix de Saint Augustin.

La première orthographe connue en latin du nom de la commune remonte en 864 : LINERILIOIE, puis LIGNEREULES en 1596 puis LIGNOREILLES au XVIIIè siècle. Quant au sobriquet des habitants, Charles MOISET affirmait en 1889, qu'il était " les poules jaunes " parce qu'ils avaient généralement la barbe et les cheveux d'une teinte jaunâtre. D'après ce terme de poules, il est possible de penser que les gens de la commune avaient de nombreuses poules à plumage jaunâtre, spécifique à leur race et que par dérision, en parlant du village, on devait le qualifier de " pays aux poules jaunes ".

L'adduction d'eau potable a été installée en 1937, en utilisant la captation de la fontaine Martine au temps du maire Adrien Demouchy. Le monument aux morts a été inauguré en septembre 1948, sur l'emplacement de l'ancien presbytère démoli en 1911.

LA VIE FEODALE

Lignorelles faisait partie de la Généralité de Paris, en la province de Champagne, du baillage de Troyes, de la prévôté de Maligny et de l'élection-subdélégation de Saint-Florentin. Les seigneurs de Merliniac (Maligny) possédaient une partie de cette terre érigée en fief en 1148. Le 30 octobre 1214, Blanche de Navarre, veuve et comtesse de Troyes, reconnut que l'abbé de Saint-Germain possédait la moitié des dîmes, grandes et menues, dans les paroisses de Villy et Lignorelles. En 1226, Guillaume dit Le Vilain, chevalier de Someso, seigneur en partie de Lignorelles, donna un setier de froment de rente à l'abbaye de Pontigny.En 1233, Guy dit Joslan, seigneur de Lignorelles, donne sa vigne de Lignorelles, moyennant une rente viagère de 5 sous, monnaie d'Auxerre. A l'époque féodale, il existait l'église paroissiale, une maison seigneuriale et une grange. Au début du XVIIIè siècle, Lignorelles connut deux graves incendies, favorisés probablement par des toitures en chaume. Le premier eut lieu le 23 mars 1726, détruisant 11 maisons. Le second, du 2 août 1737, consuma 25 maisons formant le quart des habitations. Qualifié de grand feu par les anciens habitants, le souvenir de ce grand sinistre se transmit à plusieurs générations et le village se dépeupla. Si en 1698, il y avait 300 feux, soit environ 1 200 habitants, en 1789, on en comptait 70, soit environ 300 habitants.

L'EGLISE

L'église de Lignorelles, dédiée à Saint-Martin a été construite au XIIè siècle. La requête de 1731 nous apprend qu'elle n'avait pas de clocher. Le 13 octobre 1727, la première cloche est bénie. Le 27 septembre 1735, la seconde cloche est bénie, et la troisième le 29 octobre 1776. Plan en croix latine, elle est du début du XIIIè siècle, cependant le petit portail est du XIIè. Le sanctuaire et les deux chapelles sont du XVè. La voûte du sanctuaire est sexpartite, aux fenêtres larges et sans meneaux. Des lancettes éclairent l'unique nef en ogive primitive non voûtée.

ETAT DES REVENUS ET CHARGES

Le 5 mars 1788 : Il a été unanimement reconnu que la paroisse de Lignorelles n'a toujours possédé de tout temps de biens fonds que la quantité d'environ 100 arpents de terre sous le nom d'usages, dont il y a environ 50 de labourables de très mauvaise qualité, et tout le reste en friche et hors d'état de culture, à cause des ravins fréquents occasionnés presque tous les ans par les inondations. Que lesdits 50 arpents labourables se partagent tous les 3 ans dans la commune, de temps immémorial ; que sur cette quantité de terres labourables, il y en a 20 arpents ou environ amodiés à différents particuliers de la paroisse, conformément au bail passé devant Me Bouchereau, notaire à Maligny…lequel bail rapporte par an à ladite communauté la somme de 26 livres. Que les 100 arpents de terre sont chargés de payer les cens au seigneur et les droits dus au Roy pour le bail desdits 20 arpents, réduisent le revenu à 15 livres 14 sols. Que la communauté est chargée de l'entretien de la maison d'école, lui appartenant, laquelle a été réparée presque à neuf…ce qui diminue encore le revenu à 9 livres 14 sols Qu'elle est chargée, comme partout ailleurs, de l'entretien des murs et clôture du cimetière, l'ensemble en mauvais état, qu'il faut les reconstruire incessamment. Enfin que ladite communauté doit faire réparer les chemins de déblave, presque tous impraticables à cause des ravins qui se pratiquent de chaque côté, dans les coteaux, tellement que les voituriers sont forcés de faire un long circuit, pour amener les récoltes des vendanges … comme il est notoire dans le chemin qui conduit à la vallée de VAUPRIN, totalement négligé depuis plusieurs années. Il y eut visite du territoire de Lignorelles, ravagé par une grêle épouvantable le 8 juin 1788.

CAHIER DES DOLEANCES : 15 mars 1789

Les habitants demandent la suppression des gabelles, et que le sel soit rendu commercable ou marchand, à prix égal ; cette partie étant essentielle aux habitants de campagne, et même jusqu'aux enfants au berceau. Ils demandent aussi la suppression des aydes, qui est un impôt tyrannique et ruineux … Ils demandent que ces impôts soient représentés par une prestation en argent ou en nature lors des vendanges. La réduction de la taille … qu'elle soit payée aussi par les privilégiés.

NOMINATION DE DEUX DEPUTES

Le 15 mai 1789, en assemblée convoquée au son de la cloche, la manière accoutumée, ont comparu en la salle des assemblées municipales, par devant Me Charles Cottin, lieutenant en la prévôté de Lignorelles, assisté de ….longue liste d'habitants après avoir pris connaissance du cahier des plaintes, doléances et remontrances, lesdits habitants, après avoir mûrement délibéré sur le choix des députés qu'ils sont tenus de nommer…..la pluralité des suffrages s'est réunie en faveur des sieurs Claude Tremblay, charron et Claude Guillé, laboureur, qui ont accepté ladite commission et ont promis de s'en acquitter fidèlement. Ces deux élus députés, représentant Lignorelles, se rendront le 19 mai prochain à l'assemblée qui se tiendra devant M. le bailli de Troyes...


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